Singes et chiens jugent les Hommes par la façon dont ils traitent leurs semblable

Singes et chiens jugent les Hommes par la façon dont ils traitent leurs semblable

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Que sait-on de la morale chez les chiens ou chez les singes ? Peut-on considérer l’existence d’un sentiment d’injustice face à une situation donnée ? Et si tel est le cas, celui-ci influence-t-il certains des animaux les plus sociaux ?

Une étude récente menée par des chercheurs de l’Université de Kyoto, au Japon, nous livre quelques éléments de réponse.
Le sens commun suggère que la plupart des gens préfèrent traiter avec d’autres personnes qui sont justes et, dans certains cas, qui leur sont utiles. Partant de ce principe, les chercheurs ont cherché à savoir si ce même sens commun pouvait s’observer chez les chiens avec lesquelles nous partageons une relation proche depuis environ 25 000 ans ou encore chez les singes capucins génétiquement très proches de l’Homme. Ils ont alors cherché à savoir comment se comporteraient ces deux animaux face à différentes interactions humaines. À cette fin, ils ont fait trois expériences mettant en scène des interactions justes ou injustes.

  • Dans une première expérience, un singe capucin était autorisé à regarder une scène dans laquelle une personne essayait d’ouvrir une boîte. Après avoir échoué, cette personne demandait alors de l’aide à une autre personne. Plusieurs scènes ont été tournées. Dans certains cas, la seconde personne acceptait de donner son aide, mais dans d’autres, la seconde personne refusait. Dans certains cas, il y avait une tierce personne qui n’agissait pas, jouant ainsi le rôle d’acteur passif.
  • Dans seconde expérience, les chercheurs ont positionné un singe capucin face à un écran. Sur scène, deux personnes arrivaient avec trois balles dans les mains chacune. L’une des deux personnes demandait ensuite à la seconde de lui donner toutes ses balles, et cette personne acceptait. Ensuite, celle qui venait de renoncer à ses balles demandait à la première de les récupérer. Dans certains cas, la première personne acceptait volontiers, dans d’autres, elle refusait.
  • Enfin, la troisième expérience était identique à la seconde, à la différence que des chiens étaient impliqués. La première personne était le propriétaire du chien et la seconde un inconnu.

À l’issue de ces trois expériences, les chercheurs ont rapporté que les animaux avaient montré une répugnance claire à accepter le traitement d’une personne qui avait refusé son aide avec la boîte ou celle qui avait refusé de rendre les balles. En revanche, ils ont observé l’inverse concernant les autres, qu’ils soient aidants ou simples acteurs passifs.

En d’autres termes, les singes capucins évaluent négativement des gens qui refusent d’aider un tiers ou qui échangent avec d’autres injustement. Les chiens évaluent quant à eux négativement les gens qui refusent d’aider leurs propriétaires. Par cette étude, les chercheurs soutiennent que les singes capucins et les chiens sont capables de jugements sociaux similaires aux jugements de nourrissons humains et qu’ils pourraient même offrir de précieux indices quant au développement de la morale chez l’Homme dès le plus jeune âge.

                                                                                                            Source : Sciencepost.fr

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