Pratique d’une comportementaliste

Pratique d’une comportementaliste

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Je vous livre ci-après le témoignage d’une comportementaliste, bien qu’elle s’adresse à des futurs comportementalistes, elle  donne un éclairage pertinent, à lire et à …partager.

Tous les jours, l’histoire se répète : un client m’appelle et me demande d’intervenir auprès de son chien. On me dit qu’il est dominant, têtu, grognon, peureux, anxieux, agressif, fait de l’anxiété de séparation, est désobéissant.

Et je réponds toujours la même chose: mais il fait quoi votre chien? On me répond qu’il jappe, mord, saute, etc. Ha là, je commence à avoir de l’information. Mais encore là, il me manque le quand, le où, le qui, le quoi. Pour connaître la cause d’un comportement, je dois tout d’abord avoir la description du comportement, et les circonstances qui l’entourent. Pas un qualificatif qui ne me donne que la perception qu’a le client de son chien, et qui reflète plus son exaspération de la situation.

C’est pourquoi avant d’intervenir, il faut poser tout un tas de questions sur les circonstances et sur la réaction comportementale du chien. Je le fais tout d’abord par le biais d’un long questionnaire et je complète l’information qui me manque directement et verbalement auprès du client.

Il est impératif tout d’abord de savoir CE QUE LE CHIEN FAIT. Il tremble, il jappe, il urine, il fuit, il saute, il prend, etc… Ensuite, il faut savoir sur QUELLE PERSONNE, ESPÈCE OU OBJET (personne adulte, enfant, chien, chat, souliers etc.) le chien agit ou réagit. Demandez ensuite OÙ SE PASSE le comportement (dans le salon et non dans la cuisine, au parc, sur son territoire, dans l’automobile, etc.). Par la suite, il faut connaître approximativement LE NOMBRE DE FOIS (une fois, 5 fois, 25 fois, etc.), et LES CIRCONSTANCES entourant l’événement (quand un visiteur entre dans la maison, quand un enfant coure, quand un soulier est par terre, quand on entend tel bruit, quand une voiture passe, etc.). Si possible, il faut retrouver L’ÉVÉNEMENT INITIATEUR ou l’événement déclencheur du comportement.

Peut-être saurons-nous la cause du comportement dérangeant. Peut-être que non, car des fois les circonstances du premier événement ne sont pas claires. Le chien ne peut nous raconter clairement l’origine du problème. Mais il nous

Il détruit en mon absence…

l’indique en le répétant. À nous, de bien faire notre enquête.
Il faut savoir que l’origine du comportement dérangeant pour l’humain peut être aussi d’origine génétique. Par exemple, un berger australien mord les chevilles d’enfants qui courent. Alors il faut connaître la RACE DU CHIEN ET SA LIGNÉE (lignée de chasse, lignée de conformation, chien de troupeau, chien de garde ou de protection, etc.), autant que faire se peut.

En allant chercher la vraie information, on pourra agir et faire diminuer ou remplacer le comportement en:
– GÉRANT OU CHANGEANT L’ENVIRONNEMENT,
– EN DÉSENSIBILISANT,
– EN CONTRE-CONDITIONNANT,
– EN MODELANT,
– OU EN CAPTURANT DES NOUVEAUX COMPORTEMENTS

… bref en se faisant un bon plan de match.
Alors si vous entendez « mon chien est dominant », sachez que vous n’avez aucune information sur le comportement du chien. Mais si on vous dit « mon chien berger allemand de 24 mois, jappe, grogne et saute sur tous les visiteurs qui entrent dans la maison et dans la cour, tire et déchire leurs vêtements depuis qu’il est a 10 mois », vous aurez déjà ou presque la solution pour changer ce comportement.
Sachez aussi que si on vous dit « mon chien est gentil », vous n’avez pas plus d’informations pertinentes sur le chien. Sachez poser les bonnes questions !
Sur ce, bonne pratique!

Danielle Gauthier De Varennes
Éducateur canin comportementaliste pour Fidèle Canin

Si vous éprouvez des difficultés à régler un problème de comportement, sachez que la Fondation Galgos Rescue peut vous orienter vers un professionnel du comportement.

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