Les chiens accompagnaient déjà les premiers agriculteurs il y a neuf mille ans.

Les chiens accompagnaient déjà les premiers agriculteurs il y a neuf mille ans.

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Une équipe internationale de chercheurs a déterminé grâce à l’évaluation d’ADN ancien qu’au Néolithique, les chiens ont escorté les populations humaines dans leur grande migration du Proche-Orient vers l’Europe.

Le chien est le meilleur ami de l’homme. L’expression n’a jamais semblé si vraie que depuis qu’une équipe de chercheurs de l’Ecole normale supérieure de Lyon, du Muséum national d’histoire naturelle, de l’université de Rennes 1 et de l’université d’Oxford ont publié leur étude dans la revue Biology letters, mi-octobre
Ils ont examiné et comparé 99 séquences d’ADN d’anciens chiens, trouvés dans 37 sites archéologiques à travers l’Eurasie, et datant du Paléolithique supérieur (-4 500 à -12 000 ans avant le présent) à l’âge de Bronze (-4 500 à -3 000 av. présent). Leur but : déterminer si les toutous de compagnie des Européens à partir du Néolithique étaient des espèces locales, ou ramenées du Proche-Orient lors de la grande migration des premiers agriculteurs-éleveurs de l’histoire.

Petit rappel pour les amnésiques des cours d’histoire : dans la partie occidentale du continent eurasien, l’agriculture sédentaire et l’élevage sont apparus d’abord dans le croissant fertile, la région qui s’étendait de l’Egypte à la Mésopotamie (Irak actuel). Ce mode de vie a ensuite émergé en Europe il y a entre neuf mille et six mille ans. Une transformation majeure provoquée par l’arrivée de fermiers venus du Proche-Orient. Ils ont remplacé peu à peu les chasseurs-cueilleurs locaux, à part dans les régions les plus à l’ouest et au nord du continent. Ces nouveaux venus ont apporté des moutons, des chèvres, des cochons, des vaches et des plantes à cultiver comme le blé, l’orge, les pois, les fèves et les lentilles.

« Les agriculteurs du Proche-Orient au Néolithique ont introduit plusieurs espèces de plantes et d’animaux domestiques quand ils se sont dispersés en Europe, précise le texte. Les chiens étaient la seule espèce domestique présente dans les deux régions avant le Néolithique. »
Ce que montre cette nouvelle étude est que des chiens domestiqués ont aussi été introduits en Europe. Ils se seraient ensuite mélangés avec des espèces locales de loups et de chiens sauvages et ont peu à peu remplacé les populations canines des chasseurs-cueilleurs et domestiquées depuis plus de quinze mille ans. Cités en référence, d’autres travaux scientifiques sur l’ADN ancien, publiés en 2016, ont aussi montré la proximité des chiens et des hommes à cette époque grâce à la découverte d’un gène canin spécifique lié à la digestion de produits céréaliers cultivés. Ces résultats reflètent « l’adaptation locale qui a permis aux chiens de se développer grâce à un régime riche en amidon […] et suggèrent une évolution bioculturelle commune entre les gênes des chiens et la culture humaine », concluent les chercheurs.
Cependant, les chiens modernes que nous connaissons aujourd’hui possèdent majoritairement une tout autre signature génétique (haplogroupe A). L’étude d’octobre précise que cette lignée pourrait avoir été introduite en Europe après la fin du Néolithique, notamment lors des migrations humaines depuis la steppe pontique-caspienne, qui s’étend de l’estuaire du Danube aux montagnes de l’Oural, et qui ont joué un rôle crucial dans l’histoire de l’Europe et de l’Asie (diffusion du cheval, de la métallurgie, du millet…)

                                                                                                          In Libération

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